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du 14.10.17 au 09.12.17

Fred Stein - « Paris/ New York »

Fils d’un rabbin, Fred Stein (1909-1967) étudie le droit à l’Université de Leipzig mais il se voit refuser son intégration au barreau allemand en raison de ses origines juives et de ses idées politiques. En août 1933, il épouse Liselotte Salzburg, dite « Lilo ». Le prétexte d’un voyage de noces à Paris leur permet de fuir tous les deux l’Allemagne nazie.

PARIS (1933-1941)

© Fred Stein - Front populaire Paris 1936

Entre 1933 et 1939, le jeune couple s’insère dans la vie culturelle et artistique parisienne, côtoyant d’autres réfugiés, activistes de gauche, écrivains et intellectuels.
Fred Stein ouvre un studio dans son appartement : il réalise des portraits dans son salon et tire ses épreuves avec l’aide de Lilo dans un laboratoire aménagé dans la salle de bain. Il gagne également sa vie en vendant des cartes postales sur les lieux touristiques de la capitale. 

En 1936, le Front populaire arrive au pouvoir. Fred Stein qui voit dans cette effervescence une résonance avec ses propres idées suit de près les grands rassemblements de la gauche et couvre les mouvements de grèves. Il fréquente alors le photographe Philippe Halsman et le couple Robert Capa - Gerda Taro à qui il loue un logement pendant leurs séjours à Paris.

En 1939, à la déclaration de la guerre entre la France et l’Allemagne, Fred Stein est interné dans un camp pour étrangers. Il réussit à s’en échapper et à retrouver Lilo après avoir erré dans un pays en pleine débâcle. Ils parviennent, le 6 Mai 1941, à quitter clandestinement la France en embarquant à Marseille à bord d’un paquebot à destination de New York. Ils emmènent avec eux une valise de négatifs et quelques tirages. La part la plus importante de leurs archives photographiques reste cependant aux Pays-Bas par mesure de sécurité. Elle est malheureusement détruite au cours d’un bombardement.

NEW YORK (1941-1967)

© Fred Stein, Little Italy, New York, 1943

Lorsque Fred Stein s’établit aux États-Unis, c’est avec une solide expérience du métier de photographe. À présent équipé d’un Rolleiflex, il explore New York, de Little Italy à Harlem en passant par Coney Island. Ses images montrent une véritable fascination pour cette nouvelle ville d’adoption, pour son architecture hors norme et sa population qui condense toute une nation faite d’émigrants, de déplacés ou de réfugiés du monde entier. Il donne un visage à cette démesure et à cette pluralité en publiant en 1946 un ouvrage intitulé 5th Avenue.

Son premier livre parcourt ainsi la ville dans sa longueur en suivant le fil de sa plus célèbre avenue. On y découvre l’approche singulière de Stein qui commence par une topographie et qui soudain dessine une sociologie new-yorkaise en mettant en images cette coexistence de classes et de communautés.

« Je peux enregistrer tellement en un temps si court » déclare-t-il au cours d’une conférence. La photographie de Fred Stein enregistre mais elle parle aussi. Ses clichés traduisent le point de vue d’un observateur qui sait donner une forme et un sens à toutes ces histoires individuelles et à toutes ces choses vues en passant. Surtout, ses images reflètent la bienveillance, la curiosité empreinte de respect et de discrétion d’un homme sensible à l’humanité de ses semblables.

À partir des années 1950, une hanche fragile rend les déplacements de Fred Stein de plus en plus difficiles. Sur les conseils de Philippe Halsman, il ouvre un studio et ne réalise plus que des portraits. Il rencontre et photographie alors plus de 1200 personnalités, artistes, hommes politiques, intellectuels et scientifiques comme Albert Einstein, Hannah Arendt, Marlene Dietrich ou Salvador Dalí.

Fred Stein décède le 27 septembre 1967 après avoir obtenu la nationalité américaine.

Solenne Livosi et Michaël Houlette

La majorité des épreuves exposées ici a été réalisée par Peter Stein à partir des négatifs de son père Fred. En privilégiant son geste premier, celui de la prise de vue, nous avons souhaité rendre d’avantage lisible une écriture photographique qui s’est peu à peu construite en 24x36mm (en France) puis en 6x6cm (aux États-Unis).

Coproduction :

La Chambre-Strasbourg , La Maison Robert Doisneau-Gentilly , L’Imagerie-Lannion , et le GRAPH-CMI Carcassonne dans le cadre du Réseau Diagonal avec le concours de Peter Stein

Inauguration le samedi 14 octobre à 18h en présence de Peter Stein


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